En 2020, à l’occasion du Forum Économique Breton, l’animatrice demande à Brice Rocher, PDG du groupe Rocher s’il pensait être un dirigeant exemplaire. J’adore sa réponse, maligne, juste, subtile : « je préfère donner l’exemple ».
Et d’ajouter qu’il est plus facile d’être exemplaire quand on fabrique des cosmétiques plutôt naturels que des cigarettes !
Si l’exemplarité est un absolu que voudrait ou devrait respecter chaque chef d’entreprise, alors il semble illusoire qu’aucun d’entre eux n’y parviennent.
Si l’exemplarité c’est davantage de donner l’exemple, alors le mythe peut devenir réalité.
Et c’est souvent sur des petites choses qu’on attend les dirigeants.
Le 1er exemple qui me touche est la façon dont les dirigeants saluent leurs collaborateurs. Si on peut parfaitement comprendre selon la taille de l’entreprise qu’il est impossible de saluer personnellement tous les collaborateurs chaque jour, le soin à apporter à chaque rencontre est décisif. J’ai été très marquée par la seule rencontre avec Louis Schweitzer, alors PDG du groupe Renault à mon début de carrière dans un ascenseur ! Après m’avoir saluée, il s’est occupé de savoir à quel étage j’allais, d’appuyer sur le bouton et de me saluer avant de sortir lui-même. Nombreuses sont ainsi les occasions pour un dirigeant de se montrer un petit peu exemplaire.
Le 2ème exemple provient sans doute de mon expérience automobile ! Je reste toujours perplexe devant le choix des voitures de certains dirigeants d’entreprises. Par exemple, le choix en faveur de marques étrangères, le gabarit de la voiture même si la voiture est hybride, ce sont pour moi des incohérences dans une démarche RSE qui revendiquerait le made in France de ses produits ou des réductions de CO2. Nombreux et faciles sont aussi ces petits trucs à éviter pour rester cohérent avec sa politique RSE.